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--> VOIR LES COMMENTAIRES DES LECTEURS & RÉAGIR --> LIRE L'ARTICLE EN PDF EDITORIAL par Jean-Lou Bourgeon Vendredi, 3 avril 2009 Pourquoi, après la musique et le cinéma, Apple va investir la littérature ? Avec quelle solution ? A quel prix ? Sous quelle échéance ? Le point sur les aspects de ce nouveau business. Une tentative de réponse aux détracteurs, inquiets, légitimement, de la disparition supputée de la filiale du Livre. État des lieux. Et c’est Apple qui –une fois de plus– peut nous surprendre : la conjoncture est très favorable à ce qui pourrait constituer un autre virage économico-technologique. ACTE 1Apple a apporté avec brio son écot à l’industrie musicale (6 milliards de titres vendus sur iTunes…) et a su imposer la vente au détriment du piratage (l’autre solution : Deezer – par ailleurs controversé– qui propose gratuitement le streaming en échange de publicité n’offre pas les garanties qualitatives requises). L’IPod n’a pas tué la création musicale et a généré une activité lucrative. Désolé pour les disquaires. ACTE 2Apple vient de proposer le 22 mars, toujours sur sa plate-forme de chargement soit à la vente à US$ 14.95, soit en location à US$ 4.95 les films en qualité HD un mois seulement après leur sortie en salle (pour l’instant limité aux États-Unis). Voilà matière à réconcilier Luc Besson avec le numérique ? Pour autant, les salles seront toujours autant fréquentées (hausse constatée sur 2008). Les metteurs en scène n’ont jamais produit autant de films ! ACTE 3L’édition dans sa globalité, c’est-à-dire non pas seulement la littérature, la documentation et autres non-fictions mais bien la filière du Livre dans son ensemble, y inclus la presse sont en mauvaise posture, ce n’est un secret pour personne ! Rappel : le syndicat du Livre est le plus puissant de tous les syndicats et œuvre essentiellement dans la filière de la presse, en France. Comment Apple peut s’immiscer dans la lecture ?Le prochain iPhone qui embarquera la version 3.0 de son OS, proposera probablement toute une série d’innovations à la fois logicielles (pour partie dévoilées le 17 mars, qui seront annoncées le 8 juin à l’occasion de la conférence des développeurs WWDC à San Francisco) et matérielles (les accessoiristes s’activent, à n’en pas douter). Les consommateurs et tout particulièrement ceux qui ont déjà opté pour la seconde génération de l’iPhone suivront d’autant plus que les nouveautés sont d’ores et déjà fort appréciées et non pas seulement dans l’environnement des geeks (ces « dingues » de technologie qui parfois sont hérissés de prothèse auditives que l’on nomme oreillettes Bluetooth –donc sans fil, qui communiquent avec le téléphone par ondes–).
Le nouvel iPhone serait doté, selon les sites de rumeurs, d’un écran de 10 pouces et peut-être en OLED (technologie organique très économe en énergie, meilleur rendu des couleurs et meilleur contraste que les LED, idéal pour les petits formats). C’est la clef de voute de ce challenge. La taille et la technologie seront –en se démarquant fortement des net/notebooks en vogue mais à l’usage si limité– l’ultime pichenette qu’Apple assénera à ses concurrents et les cloneurs sans créativité qui copient si maladroitement : le consommateur n’est pas dupe ; l’original vaudra toujours la copie. Quelle hypothétique solution ?Il pourrait s’agir d’un terminal aux dimensions certes cossues pour téléphoner, mais suffisamment confortables pour lire son quotidien ou un livre. Il serait bien sûr connecté en wi-fi, en edge ou autre selon la couverture réseau, permettant d’accéder à l’info en direct ou de télécharger un ouvrage à tout instant.
Ce dispositif à écran multitouch autorisera la prise de notes via un clavier virtuel tactile afin de surligner, annoter ses lectures ou simplement communiquer par mail, rechercher sur internet. Un enregistreur vocal doublé d’une recherche plein texte complètera l’équipement : un super iPhone/iPod en perspective car bien sûr, outil de convergence par excellence, il permettra également l’écoute de la musique, le visionnage de vidéos, de films et de chaînes télévisuelles.
Et s’il était doté d’un pico-projecteur...
(mini vidéo projecteur aux capacités réduites : image de 1 mètre maxi, projection par LED très peu consommatrice d’énergie) pour visionner en famille… non, cela serait trop beau (quoiqu’en option pour les geeks ultimes, pourquoi pas ?). La solution d’un pico-projecteur tiers sera quoi qu’il en soit possible, le marché est en pleine évolution, comptez 300 bons euros pour l’instant. Encore Apple !...Sa capacité à innover, à créer de toutes pièces un modèle économique inédit n’est plus à démontrer : iTunes pour la musique et le cinéma, AppStore pour le chargement d’applications (modèle copié désormais par tous les acteurs de la téléphonie « intelligente »…). Apple innove, ses concurrents acquiescent, approuvent et copient avec 2 ans de retard, en commettant de grossières erreurs dans leur clonage... I ls regardent, penauds, hagards le succès s’installer … Aucune stratégie d’alternative n’a été conçue par aucun industriel, mis à part Palm qui semble bien mal en point (perte de 80% de ses ventes en un an), le Pré –encore retardé de 6 mois– ne sera commercialisé qu’en 2010. Noël 2009 laisse donc une voie royale à l’iPhone.
La conjonction des erreurs stratégiques de communication de Windows apporte de l’eau aux défenseurs d’Apple et contribue à renforcer le leadership d’Apple. Le dernier spot de la firme de Redmond –en date du 25 mars– met en avant la supériorité d’Apple (la consommatrice avoue : « je ne suis pas assez cool pour acheter du Mac » ! en se rendant en priorité dans un Applestore pour terminer chez Best Buy son premier reflexe « impulsif : aller chez Apple avec visuel de la pomme sur la publicité… on, ne fait pas mieux pour mettre en valeur son concurrent… Cette campagne –comme toutes celles entreprises par Steve Ballmer pour contrer Steve Jobs– s’avère une fois de plus un fiasco terrible : le modèle choisi s’avère être un ordinateur dont les qualités d’écran sont parmi les pires du marché… Et bing, 2 à 0 pour Cupertino. Depuis 5 ans, Windows tente de descendre Apple et en réalité ne fait qu’accroitre les atouts de cette dernière…
Apple dispose désormais d’une base d’utilisateurs riche de 30 millions de fidèles (18 millions d’iPhone + 13 millions d’Ipod Touch) à ce jour, répartis sur 80 pays. Le cheval de Troie est en place : ni Sony ni Amazon (cantonnés aux États-Unis pour l’instant) ne pèsent lourd face à ce potentiel inouï (chacun des deux concurrents a vendu au mieux 500.000 lecteurs : Apple pèse environ 30 fois Sony+Kindle réunis…) ... mais pas que ! quoique, convergence oblige…Mais le livre électronique ne se cantonne pas à Apple ni à l’iPhone, d’autres acteurs sont dans les starting blocks : Fujitsu, Samsung, Siemens. … La zone Asie est très active dans la R&D relative à ces dispositifs et tout récemment, le Flepia (écran tactile en couleurs de l’épaisseur d’un film développé par Fujitsu depuis quelques années) est proposé en zone Asie pour la somme astronomique de 800 dollars, mais ça bouge. Cependant l’avenir –à mon avis– est entre les mains d’un outil de convergence, quoi de mieux que de mutualiser nos gadgets ? Bruno Rives, un des « gourous » du secteur (ex compagnon de route de Steve Jobs) en parle en professionnel aguerri sur http://papierelectronique.blogspot.com avec tant de modestie… ; doublé d’un talent d’écrivain, il nous invite dans un « thriller médiéval » savoureux chez Aldo Manuzio, l’inventeur du livre. A LIRE. Outil de convergence « idéal » ?C’est dans cet esprit qu’Apple peut fournir un tel terminal qui autorise tout à la fois : de téléphoner, d’écouter de la musique, de visionner des photos, films et vidéos, de lire un roman, de consulter les dernières nouvelles, de se localiser avec un GPS, de se divertir avec une console de jeux, de stocker ses adresses et prendre des notes, de les traduire dans toute langue possible, d’enregistrer des messages vocaux, de consulter la météo, les horaires de transports, de participer à des vidéo conférences, … ; pour le café, merci de s’adresser en cuisine… mais il renferme tout de même un éthylomètre, une sonde pour diabète, … Pourquoi s’encombrer de multiples gadgets quand dans un seul dispositif on peut tous les agréger ? D’autres fonctions et usages sont à découvrir. C’est dans ce sens qu’’est né l’AppStore : une logithèque qui complémente l’outil. D’ores et déjà, l’iPhone bénéficie d’une logithèque potentielle de 30 000 applications, vendues à 800 millions d’exemplaires en 8 mois : beau pactole, et la courbe continue d’être exponentielle. Surfant sur cette success-story, Apple arrive à point nommé pour s’immiscer dans la galaxie Gutenberg aux fins d’apporter une solution innovante. Google est aux abois et la concurrence tente de répliquer, c’est le moment d’y aller. Pourquoi maintenant ?Apple n’est pas encore sorti du bois mais connaissant la capacité de Steve Jobs à sortir le bon produit au bon moment, il est fort probable que la mi-juin soit cette fois la prochaine escarmouche d’envergure menée par Cupertino. Autre atout non négligeable, une grande majorité de développeurs indépendants se sont rués sur le kit de développement proposé. Aujourd’hui les éditeurs de logiciels les plus renommés comme les plus discrets ont engrangé des sommes conséquentes grâce à la vente sur l’AppStore d’applications utiles, ludiques, médicales, culinaires, toutes inédites. Les plus grands on même avoué des chiffres d’affaires inattendus (Sony, Nintendo, tous développent pour l’iPhone). Ces mêmes développeurs amèneront de multiples applications complémentaires dans le domaine du Livre (annotations, lecture vocale, lecture numérique, etc, etc. Très peu sont tentés d’aller chez les concurrents : le succès appelle le succès et la source semble féconde). À quel prix ?Mais ne rêvons pas, l’iPhone 2009 ne sera pas bon marché, Apple n’a jamais diffusé de produit de masse low-cost (et ne le fera sans doute jamais), alors oubliez le netbook, le notebook, car, nu, le coût du nouveau terminal dépassera certainement 700 euros. Que les opérateurs le subventionnent est une évidence (la manne est trop juteuse, ils vont s’engouffrer dans la brèche ainsi créée). Ils auront (concurrence oblige) tout loisir à adapter leurs forfaits aux usages particuliers de chaque consommateur : Bouygues Télécom via sa filiale Universal Music proposera le 29 avril un forfait voix 1 heure 30 + internet et mails illimités + SMS illimités pour 24,90 euros/mois ! Quel que soit le terminal, le seuil de 100 euros semble le juste prix auquel le consommateur peut raisonnablement acquitter pour se lancer dans l’aventure. Les 300 dollars du Kindle sont dissuasifs pour escompter transformer l’essai. Si les opérateurs veulent en tirer profit, c’est à ce niveau de prix qu’ils devront proposer les terminaux. Au-delà, le modèle restera au stade confidentiel.
Et la presse quotidienne, les magazines ?L’enjeu est de taille, il y a urgence, la presse se meurt à petit feu, les subventions ne peuvent venir au secours du papier, les exemples venus d’outre Atlantique ne manquent pas : New York Times au bord du gouffre, tout comme le San Francisco Chronicle, sans parler du Global PI (drivé et lâché par Hearst…) et bien d’autres titres, ici, en France (Le Monde, Libération, …) : le numérique vient à la rescousse avec un savant dosage de gratuit/payant pour l’instant en phase test, mais… inéluctable. Cependant, la presse n’y va pas avec le dos de la cuiller. Comment admettre que la consultation d’un article sur Le Monde soit facturée 2 euros ? Foutaise ! Le Monde nous prend pour des gogos et si d’aventure le système capote, Le Monde aura beau jeu d’incriminer le livre numérique, il prend le risque d’aller droit dans le mur. Sérieusement, revoyez votre copie et on s’abonnera (pour info, j’ai accès à l’intégralité du support papier de Ouest-France pour 85 cents…), soyez raisonnable, de grâce. Le media qui le premier dégainera une offre alléchante, suffisamment rémunératrice pour ses auteurs et tout à la fois abordable, en phase avec les réalités du marché, raflera la mise, c’est tout vu.
Comment voulez-vous assurer un développement économique en méprisant les lois du marché ? Faut pas sortir des grandes écoles pour comprendre l’adéquation. Pour donner l’envie, faut être « sexy » dans sa démarche, peut-être un peu racoleur, il suffit de regarder ce qui marche et quelle est la bonne recette. Ce point est une des composantes clé de la réussite du numérique dans le secteur. Si l’effort n’est pas consenti, alors c’est le plongeon quasi-assuré ; mais on a le droit de se tirer une balle dans le pied… C’est une éthique : donner pour recevoir ou se crisper sur ses acquis ; c’est une des grandes leçons à retenir de la période difficile que nous traversons : humilité, réalisme, pragmatisme.
De surcroît, l’intérêt d’un lecteur électronique demeure dans sa capacité à capter l’information dans tous les titres quotidiens et périodiques, généralistes ou spécialisées (des milliers) afin de se faire une idée la plus juste possible de la pertinence de l’information. La lecture d’une seule source d’information –aussi objective soit-elle– ne garantit en aucune façon la pertinence. La presse remplit-elle vraiment sa mission de neutralité (information factuelle), les analyses sont-elles pertinentes ? En croisant la substance émanant de plusieurs supports dans plusieurs pays, on peut ainsi affiner l’actualité. Combien d’abonnements et à quels prix seraient nécessaires pour aller au cœur de l’actualité ? Avec un lecteur numérique, nous pouvons consulter librement les titres, les débuts d’articles et puis approfondir si le thème nous accroche, en temps réel. Des milliers de médias s’offrent à nous. Nous pouvons dés lors, trier, classer, organiser, archiver, annoter, transférer, comparer, échanger sans commune facilité avec le support papier. C’est autant de pris pour la planète et soyons honnête, pour notre porte-monnaie. Autre tentative dans l’univers de l’infoNous observons qu’Orange prépare un projet de fil d’actu agrégeant 24 medias nationaux (TV, radio, presse en ligne) pour le 15 avril en beta test, expérience à surveiller de près et destinée, bien sûr à la téléphonie mobile. Avec la précision apportée que contrairement à l’idée qu’on s’en fait, la lecture sur écran de taille lilliputienne n’est pas si rédhibitoire qu’il n’y paraît, tout simplement parce dans ce domaine, un travail de conception en amont a été mené avec brio et curieusement, la lecture est plus pertinente et facile que sur écran 24 pouces. La contrainte était telle qu’il a fallu déployer beaucoup d’énergies. L’obligation de résultat à fait merveille, quand on veut, on peut. A n’en pas douter, ce type de média a peu de chances d’échouer en kiosque mais semble plutôt réservé à la Toile. D’autres propositions vont fleurir dans les mois à venir, c’est dans l’air du temps. La mise en page, la typo, an 0Autre point à aborder avec circonspection. La lecture d’un média imprimé, merci Monsieur de La Palisse, est autrement plus aisée qu’un fichier numérique. Sur un dispositif numérique, il en va autrement. Là encore, tous les supports ont choisi le facile et refusent (presque) à l’unisson à se remettre en cause. Des exceptions : le New York Times et le récent reliftage de Le Point sous la houlette de Peter Gabor (eStart) ; pour les autres, c’est le néant… à la petite semaine. Il manque dans le domaine des web designers qui –au-delà de se faire plaisir– ont la volonté de prendre le sujet à bras le corps. Faut là aussi se remettre en cause, adapter l’écriture, le graphisme, l’emplacement des zones privilégiées, bref, mettre le paquet, avec des ergonomes ou autres. Etienne Mineur pour sa part observe que seulement 1/3 de l’espace d’une page web est réservée à l’information pertinente (le reste se partage entre la pub, l’interface du navigateur) ; bref, échec sur toute la ligne. Il faut adapter la verticalité du papier à l’horizontalité de l’écran à la re-horizontalité du livre électronique. Le numérique a l’énorme avantage de distinguer le contenu de la forme. Tout reste à faire dans ce domaine, nous sommes au niveau 0 ; le livre numérique ne peut pas être la réplique pdf d’un tabloïd. Avec ça, bien sûr, pourquoi préférer l’ersatz à l’original ? Où sont les créatifs ? N’y a-t-il pas non plus nécessité à revoir la typographie ? Riche en imprimerie, elle est d’une pauvreté accablante en numérique avec les éternels Verdana, Arial, Times, Comic (!). On traîne des boulets. Le chantier est vaste… Ce qui vaut pour la presse le vaut pour le livre ; revoir nos schémas ergonomiques : c’est un métier avec des pros ou de la bureautique améliorée ? A vous de choisir ! Papier vs numérique, un combat d’arrière-garde !Le papier cohabitera toujours avec le numérique, pour les amoureux de la belle ouvrage, ceux qui aiment sentir l’encre ou le grain d’un vélin, pour les beaux-livres, les arguments légitimes ne manquent pas aux pourfendeurs des nouvelles technologies. Et pour ceux qui veulent consulter les livres en toute circonstance, sans s’encombrer, en ayant un vaste choix de lectures, la solution est là. Les ouvrages rares, prisonniers des salles blanches, ne sont pas accessibles au public. Les élèves/étudiants, chargés de cartables pesants, apprécieront. La consultation en ligne des sommaires, résumés, premiers chapitres d’un roman sont possibles. Si le contenu nous interpelle, pourquoi ne pas commencer la lecture sur support numérique et acquérir l’ouvrage « en dur » ? J’en conviens, une belle reliure sur étagère est d’un meilleur rendu qu’un dispositif en plastique que nous pouvons aisément glisser hors des regards, dans un tiroir. Là encore une saine cohabitation peut s’instaurer n’en déplaisent aux détracteurs du numérique. Le choix est ainsi offert d’une utilisation ou d’une autre, pourquoi pas ? Le respect du libre-choixIl faut apprendre à cohabiter, chacun avec nos envies, nos passions. Pourquoi imposer tel ou tel système, que chacun choisisse en respectant le choix d’autrui, de grâce ! En fonction des circonstances, il sera aussi pratique de choisir le livre numérique tout en préférant feuilleter un bouquin lové sous sa couette : qu’importe, pourvu que l’on lise ! Enterrons la hache de guerre, à l’arrivée, pour pérenniser une filière qui en temps de crise est en pleine progression. : le besoin de culture, de divertissement, d’information ne sera pas tari par des querelles de clochers. Jamais les libraires n’ont autant vendu de livres (ces 6 derniers mois), le Salon du Livre 2009 a réuni 200 000 visiteurs !
Nord / sud et fonte des calottes glaciaires…Nous n’oublierons pas les pays du sud qui peinent à acquérir à un prix décent un auteur, un ouvrage (un livre vendu 12 dollars sur Amazon parvient à Dakar, sous 3 semaines pour 30 dollars. Pour la majorité des habitants de notre planète, un dispositif numérique, rechargé au solaire est une aubaine inespérée pour l’alphabétisation, le partage des connaissances et du savoir, pour le plaisir de lire tout simplement, accordé au plus grand nombre.
Sortons de nos égoïsmes, privilégions le luxueux et noble papier pour les sociétés du nord, pourquoi pas mais n’imposons ni la déforestation ni le gaspillage d’eau, ni l’émission pléthorique de CO2 aux trois quarts de l’humanité…
Enfin, ceux qui veulent le plus grand bien à notre planète (ils commencent à compter…), la solution numérique apportera une réponse intéressante à la diminution des émissions de gaz à effets de serre ou des micros particules. Lecture sur internet ou consultation sur livre électronique, les deux procédés, différents, ont l’un comme l’autre des préférences partagées. Les effets néfastes liés à la dépollution des papiers recyclés, les longs trajets en semi-remorques sont autant d’inconvénients qui, avec le livre numérique sont de facto supprimés. De plus le dispositif peu énergivore, peut être réalimenté grâce à des chargeurs solaires ; le bilan énergie grise plaide largement pour le numérique. Les conditions du succès : quelle tarification pour le contenu ?C’est sans doute grâce au numérique que subsistera et évoluera toute la filière du Livre de l’auteur au libraire, du critique au bibliothécaire. Seule condition incontournable : répercuter l’économie générée par la suppression de l’impression et de la distribution, c’est sur ce point précis que le succès sera au rendez-vous. Qui acceptera de payer le même prix un fichier téléchargé ou un ouvrage imprimé ? L’économie devrait frôler les 40% pour apporter une valeur ajoutée qui justifie le passage au numérique. Ceux qui préfèrent le papier, paieraient le prix actuel en vigueur. Rémunérer à un juste prix, d’accord, mais aucune raison de payer le même prix pour un produit débarrassé de ses coûts annexes. Le consommateur n’est pas dupe : le beurre et l’argent du beurre, c’était bien vu mais ça ne marche plus. La protection des droits d’auteur.La loi de mars 1957 relative à la protection des droits d’auteurs n’est pas à remettre en cause. En revanche, nous devons être vigilants et prendre garde à ne pas surprotéger les œuvres. En effet, à vouloir trop s’auto-protéger, à l’inverse on favorise… le piratage. L’argument déployé par les pirates lors de la récente affaire Spore est symptomatique de cet état d’esprit : on m’impose des restrictions d’utilisation, alors –et ce sera toujours ainsi, l’Homme déteste la coercition– je biaise, je me révolte, je prends tous les risques, je deviens rebelle. Au lancement de Spore (jeu interactif), l’éditeur a bloqué l’utilisation par la présence de DRM (Digital Right Management qui, rappelons-le n’est pas une rémunération des droits d’auteurs mais une protection technique par chiffrement qui peut conduire à une situation de monopole et ne règle en rien l’universalité du support numérique [pour faire court ; plus de détails sur wikipédia].
Cette disposition a eu pour effet immédiat de favoriser la prolifération du jeu « sous le manteau ». L’éditeur, Electronics Arts a revu sa copie et propose désormais la prochaine mouture des Sims sans DRM et a toutes les chances de remporter un succès : OK pour payer une somme raisonnable mais sans bridage. Du reste, on l’a vu, la musique n’a pas pâti de l’initiative iTunes : dans leur grande majorité les consommateurs font preuve de sagesse et de responsabilité, le prix proposé sur la plate-forme californienne a généré des revenus sans soute en retrait de ce qu’en espéraient les auteurs / éditeurs mais encore une fois, le mp3 n’a pas tué la musique, la télé n’a pas tué le ciné, le ciné n’a pas tué le théâtre, etc. Pourquoi la filière du Livre doit soutenir cette initiative ?Il en va tout simplement de sa survie ! Parce que Google a entrepris une vaste opération qui, si elle est menée seule à son terne va ébranler la galaxie. Ne laissons aux mains d’une seule multinationale accaparer l’ensemble de nos cultures, de nos traditions, des richesses de nos patrimoines.
Face à Google qui a entrepris la numérisation de l’ensemble des œuvres publiées (déjà 7 millions d’ouvrages scannés aux US !), il convient d’entrer dans la danse et surtout d’éviter au maximum les effets secondaires d’une telle initiative phagocytée par une seule multinationale… Ne rien faire serait au-delà d’une erreur stratégique impardonnable, un suicide collectif. Déjà, 500.000 titres passés dans le domaine public ont été « offerts » par Google au PS 505 de Sony pour contrer le duo Amazon/Kindle qui ne dispose « que » de 240.000 ouvrages au téléchargement). L’histoire est déjà en marche, il est sain que plusieurs entreprises apportent leur solution technique et économique à ce qui est pour elles un eldorado et pour certains, une nouvelle manière de se réconcilier avec la lecture en utilisant les outils du 3e millénaire : pratiques, légers, contenus accessibles sans contrainte à tout instant. La mort des libraires ?Les libraires ne sont bien sûr pas favorables à un prix différent selon qu’il s’agisse de papier ou de numérique. Mais n’est-il pas juste d’équitablement revoir le prix si le coût de production diffère ? Ce point divise les experts, notamment ceux qui considèrent que la réplique scannée d’un livre doit être vendue au même prix (pour éviter la mort pressentie des libraires), argument auquel on peut opposer l’évolution du métier. Le libraire peut contribuer à une revalorisation par le truchement de la mise à disposition de bornes de chargements d’ouvrages non disponibles sur les sites de ventes (cas typique des petits éditeurs locaux, de livres publiés à compte d’auteur). Le libraire restera toujours un confident expert dont la valeur ajoutée n’est plus à démonter ni à vanter. Une diversification du métier est souhaitable notamment, par exemple, en tant que « facilitateur » pour dénicher auprès des particuliers les perles rares qui sommeillent dans les greniers, pour inciter à la publication de mémoires sur des faits locaux (souvenirs, sagas familiales,…). C’est une fois de plus par l’innovation et la créativité et non pas en stigmatisant le progrès que la profession évoluera. Car, sans coup férir, le numérique, de confidentiel, passera au stade supérieur, les industriels ne s’apitoieront pas sur le l’avenir d’une profession aussi prestigieuse soit-elle… Le monde de la connaissance, de la communication n’a pas d’états d’âme. Steve Jobs en visionnaire éclairéDe la musique au cinéma pour arriver à la littérature, Apple en dix ans aura ainsi créé –si ce scénario se confirme, à quelques détails près– un écosystème pour le moins inattendu de la part d’un outsider de l’informatique, donné moribond au milieu des années 90, raillé par Michael. Avec 52% en Europe et 44% au niveau mondial pour l’ensemble des connexions internet depuis un dispositif mobile, Apple rafle la mise. Les autres constructeurs s’effondrent, Windows Mobile ne conserve que 8 petits %, c’est dire si le rapport de force est en faveur du californien. Lancé en juin 2007, parti du néant, face aux géants que sont Blackberry, Palm dans le segment des smartphones, l’iPhone remporte un succès fulgurant. Imaginons les nuits cauchemardesques des équipes de Redmond… tomber à 8% quand on a détendu plus de 90% de parts de marchés dans la micro-informatique (des centaines de millions d’OS vendus en plus de 30 ans…), ça calme ! Et c’est naturellement grâce à Steve Paul Jobs, visionnaire s’il en est que nous pouvons mesurer le chemin parcouru. Nous sommes peut-être en deçà ce que qu’Apple est en mesure de nous annoncer dans 3 mois… d’ici là les sites de rumeurs, la blogosphère des geeks vont bruisser de mille supputations et nous sortir comme à l’habitude des photos floues, volées entre deux ascenseurs… Le génial concepteur du Mac, de l’iPod, de l’iPhone et des boutiques en ligne iTunes et AppStore affute ses équipes, sa stratégie et nous réserve l’ultime objet communicant.
Le dénouement semble procheRedécouvrir Gargantua, Oliver Twist, Saint-Ex, St John Perse ou tout simplement lire son quotidien préféré dès cet été, à bord des TGV, sur la plage (!) ou sous la tente, nous sommes à quelques chapitres du dénouement… Chaque jour amène son lot d’innovations, il est dangereux de s’arc-bouter sur le seul papier, à l’évidence. Fin : message d’espérance aux amoureux des ArtsEnfin, soyez rassurés, vous les galeristes, les conservateurs et autres gardiens de nos trésors patrimoniaux, vous les défenseurs de notre identité : ni Google, ni Apple, ni aucune autre entreprise au monde ne nous ôtera jamais le bonheur de contempler les reflets du soleil sur le bronze d’une sculpture de Rodin, les ondulations carmin sur une sanguine de Léonard ou les âpres aspérités d’un calvaire à la croisée des chemins. Vous aurez ad vitam le privilège de l’original.
Humblement, je vous tire mon chapeau, vous avez gagné le dernier round… Dieu merci, dans le monde réel il est des valeurs que le monde virtuel cherchera vainement toujours à égaler.
Nous pouvons continuer le débat… Il ne s’agit là que d’un bref (!) aperçu des enjeux et des problématiques, des implications, de la volonté de sauver une filière…. ou pas !
Il va sans dire que si, ensemble, nous retroussons nos manches, on peut y arriver. Mais si cela était facile, ça se saurait. Sans pour autant enfiler le costume d’Harry Morgan, on pourrait juste s’inspirer du titre d’Ernest Hemingway -nous sommes bien ici dans un site littéraire, je n’ai pas su résister– : En avoir ou pas (?)
Je rends hommage à Martin Zygmunt grâce à qui -au travers de livres-alive- ce texte vous parvient. Concevoir, animer, faire croître un site, dans le respect d'autrui est un fait suffisamment rare à l'heure de la "peopleization" et de la médiocrité intellectuelle qui ravage notre jeunesse. Je tenais à le souligner. Ici je sais que nous pouvons tout nous dire avec élégance et dans le respect de notre langue, hors des "tags textos" si enlaidissants. J'espère un débat passionné, vous pouvez compter sur moi. Merci, Zyg ! A demain pour une info inédite en début d'après-midi... Auteur: Jean-Lou Bourgeon Références: Illustration : Invitation Apple pour l’annonce de l’iPhone OS 3.0 software le 17 mars 2009 et http://petitinvention.wordpress.com (Creative Commons Attribution 3.0 Unported License)
Dossier finalisé le «31 mars 2009 - Sources d’information : http://papierelectronique.blogspot.com (Bruno Rives) www.slate.fr http://maitre-eolas.fr/ www.macgeneration.com www.mac4ever.fr www.macplus.net http://www.e24.fr/chroniques/tectoniquedesclics/ www.lesechos.fr www.liberation.fr www.lemonde.fr www.giiks.com www.engadget.com www.gizmodo.fr www.lefigaro.fr http://pisani.blog.lemonde.fr/ www.silicon.fr http://www.nytimes.com/ http://148apps.com/10000/ http://blog.lefigaro.fr/hightech/ http://billaut.typepad.com www.akihabaranews.com/fr/ http://www.challenges.fr/dossiers/20080609.CHA2554/la_revolution_iphone.html http://www.my-os.net/blog/index.php?2009/03/27/1257-le-futur-de-ledition-en-ligne-quelques-hypotheses
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